____ _ Une autre logique que " faire mal pour soumettre " _____ POINT DE DÉPART : LE 10e COLLOQUE DE SAUMUR Il a remis en évidence l’importance de travailler dans la légèreté avec les aides, surtout avec les mains. En effet, la bouche du cheval et les structures qui la composent sont délicates et fragiles. La langue, en particulier, doit jouer le rôle d’un matelas amortisseur sous la pression du mors. Avec les tensions de rênes enregistrées, entre autres, en compétition (fréquemment 50 à 150 kg dans chaque rêne), que ce soit en action ou bien en résistance de la part du cavalier, ces structures sont tuméfiées, faisant ressentir au cheval un conflit insupportable, augmenté par l’effet mémoire et la répétition des séances. Cet état de fait engendre des douleurs le faisant fuir, ou des résistances, lorsqu’il ne veut pas « lâcher prise ». Le résultat est une usure générale, avec des blocages articulaires et vertébraux. Le contrôle et la locomotion sont parasités. Les situations qui en découlent, bien au delà du temps perdu, sont suffisamment nombreuses, navrantes et connues, de sorte qu’il est inutile de les décrire… L’IDÉE DE BASE : OBTENIR DU CONTRÔLE DANS LE RELÂCHEMENT Tous les dresseurs et les pilotes sont d’accord pour dire qu’il faut du contrôle avec un matériel simple : le secret de ces mors et filets complètement différents des autres, c’est leur système. Il s’agit de soulager la bouche du cheval, en lui ôtant une grande partie de l’action de la main, pour la reporter de façon commandée par les rênes, soit du côté avant sur la muserolle, soit du côté arrière sur une gourmette en cuir. En conséquence, le cheval se fléchit plus volontiers (mentalement et physiquement) aux aides du cavalier, avec peu de risques de défenses. Les qualités d’allures et de rebond de la locomotion sont préservées. De plus, comme en équitation éthologique, le cheval lorsqu’il cède, se trouve dans un confort de quasi liberté par le relâchement des rênes et donc de la muserolle ou de la gourmette. UN CONCEPT INTÉRESSANT TOUS NIVEAUX ET TOUTES DISCIPLINES A un premier niveau d’équitation de loisirs, ce matériel est parfaitement recommandé : votre monture va pouvoir évoluer sur des rênes à demi-tendues, tout en étant plus réceptive et au contrôle qu’avec un matériel ordinaire. Et si vous souhaitez vous essayer au Dressage ou sauter un obstacle, vous pouvez le faire en préservant sa bouche. A un niveau équestre intermédiaire, la locomotion montée du cheval et son fonctionnement en harmonie avec celui du cavalier, s’améliorent vite. Le cheval « franchit » mieux son mors et peut ainsi, prendre davantage de propulsion sans précipiter, et revenir de façon fluide dans une posture privilégiant l’équilibre. Il fait mieux « l’accordéon » dans l’harmonie musculaire et gagne, de la bonne manière, de la puissance et du calme. Ce travail juste du dos longitudinalement, va se retrouver au cours des exercices d’incurvation, car les groupements musculaires qui facilitent les incurvations du travail latéral, sont les mêmes que ceux qui permettent une bonne mise en main sur le droit. En CSO, on constate rapidement une meilleure qualité de galop et de saut, avec plus de flexibilité et de rebond. Le cheval s’articule beaucoup mieux dans son galop et au dessus de l’obstacle. Il coordonne monté, son moteur (arrière-main) et son balancier (tête/encolure). Les exercices et les sauts s’enchaînent plus aisément dans la rectitude et le relâchement. Avec moins de conflits, donc moins de pression, la précision dans les abords augmente, le cheval est plus respectueux et gagne de la hauteur sur ses trajectoires, qui sont également mieux centrées. LE CHOIX DU MORS ET DE L’EMBOUCHURE Pour une utilisation du cheval, tel qu’il est, c’est à dire sans le déranger, les anneaux de taille standard sont conseillés. A l’inverse, dans l’état d’esprit de « construire » un cheval présentant des contractions ou des résistances, un dresseur choisira un modèle avec les grands anneaux ou des branches, pour avoir plus de puissance. Ainsi, le cheval rentrera mieux dans le travail, surtout celui qui « discute » ou défie le cavalier. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser deux paires de rênes, comme en bride : celle du bas aura une action couplée avec la muserolle ou la gourmette, afin que le cheval se relâche dans sa bouche et sa mâchoire, et l’autre rêne, attachée sur le gros anneau, servira à créer un contact dosé, comme en filet simple. L’embouchure en inox creux est relativement douce et basique, et s’adapte aux chevaux sans problème particulier (Dressage et CSO). L’inox plein a plus de poids et convient pour un cheval avancé, avec lequel l’objectif est de stabiliser la mise en main. L’embouchure articulée avec l’olive en cyprium, est très agréable pour combiner le travail longitudinal et le travail latéral. Quant aux résines, celle qui est semi-rigide a une action sur les barres, et son emploi est donc réservé aux cavaliers ayant du tact (sous peine de faire plus de mal que de bien). Celle qui est souple, est extrêmement agréable pour la sensation de confort qu’elle procure dans la communication avec la bouche du cheval. Enfin, l’embouchure à canons en double permet aux cavaliers confirmés de diviser davantage les appuis de la bouche du cheval, et donc de mieux régler les chevaux « très chauds », en canalisant l’impulsion tout en leurs donnant envie de « franchir » le mors et donc de « rester devant ».
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